Roumouz el vessad : le grand retour
Mercredi dernier, le gouvernement putschiste a procédé à la nomination de présidents de conseil d’administration pour différentes entreprises publiques. Cette mesure réhabilite des figures emblématiques de la corruption et de la prédation. Elle viole, en plus, les textes applicables en désignant, contrairement aux prescriptions de la loi, des personnalités retraitées ou qui n’ont aucun lien avec la fonction publique.En effet, des symboles de l’ère Ould Taya qui s’étaient particulièrement illustrés dans la flagornerie et le pillage de biens publics se voient propulsés, à cette occasion, à la tête de conseils d’administration d’entreprises où ils n’apporteront que davantage de déchéance. On savait que le Général limogé, qui avait fait de la lutte contre ‘’les roumouz el vessd’’ un prétexte à sa campagne de déstabilisation des institutions républicaines et, plus tard, à son coup d’Etat, ne s’appuyait, en réalité, que sur les plus rapaces des mêmes ‘’roumouz el vessad’’. Il faut croire que le Général limogé est entré dans la phase industrielle de leur recyclage dans ‘’le mouvement de rectification’’.
La plupart des individus nommés sont des personnalités à la retraite comme M. Sidi Ould Bennahi, Rachid Ould Saleh ou encore M. Jiddou ould Mini. Or, un décret de 1989 stipule que les présidents des conseils d’administration doivent, obligatoirement, être fonctionnaires de l’Etat, encore en exercice.
Parmi ce spersonnalités, on retrouve :
- M. Jiddou Ould Mini, propulsé à la tête du conseil d’administration de la SONIMEX. Ancien administrateur civil, M. Ould Mini fut limogé par Ould Taya de son poste de Wali de l’Assaba pour …corruption. Il fallait choquer Ould Taya ! En effet, à l’occasion de la dernière visite de ce dernier à Kiffa, M. Ould Mini aurait monnayé les audiences avec l’ancien président. Le prix de l’audience se négociait à 2 millions d’ouguiyas. Seulement, M. Ould Mini ayant empoché l’argent de dizaines de visiteurs, il était matériellement impossible de faire recevoir tout le monde par Taya. Les insatisfaits exigeaient un remboursement qui tardait à venir. L’affaire a fini par arriver aux oreilles de Ould Taya et le Wali fut limogé. Depuis M. Ould Mini est passé à la retraite.
- Rachid Ould Saleh propulsé Président du Conseil d’administration de la Société Nationale d'Aménagement Agricole et des Travaux (SNAAT). Professeur d’enseignement secondaire, retraité naturellement, il fut Ministre de Ould Taya pendant 14 ans avant de passer président du Sénat. Rompu aux intrigues de la politique locale au Hodh El Gharbi, il est connu pour son train de vie impressionnant qu’aucune fonction dans la République ne saurait justifier. En témoigne, notamment, le palais où il habite dans le quartier Las-Palmas à Nouakchott. Lors de son fameux accident de voiture survenu alors qu’il se rendait dans sa ville natale de Laayoun, On a trouvé sur lui la modique somme de 40 millions d’ouguiyas qui devait servir à arroser quelques notabilités locales.
- Sid’ahmed Ould Khou, propulsé président du conseil d’administration de l'Agence de Promotion de l'Accès Universel aux Services. Ancien officier, il fut radié des forces armées dans le cadre des arrestations des baathistes en 1988. Depuis, il a vissé sa casquette de notable traditionnel qui lui a permis d’accéder à la première assemblée nationale de Ould Taya. Lors des législatives de 2007, Ould Elkhou a été battu à plates coutures dans sa ville natale.
- Abdarrahmane Ould Saïbout, nommé Président du Conseil d'Administration de la Société Nationale des Forages et Puits (SNFP).Ancien directeur de cabinet de Ould Hiadalla, il a dirigé durant l’ère Taya la SONADER qu’il a laissée dans un état calamiteux avant d’aller faire ses preuves à Air Mauritanie dont il est le véritable bradeur. Il sera nommé ambassadeur en Algérie avant de revenir comme conseiller à la primature. Baron du PRDS, il a été plusieurs fois chef de mission pour ce parti et a dirigé la dernière campagne de Ould Taya au Hodh Charghi.
Le recyclage des symboles de la corruption dans les conseils d’administration des entreprises publiques avait déjà commencé avec la nomination de Mariam Mint Ahmed Aïcha à l’ENER. Pourtant, la corruption de mint ahmed aicha est proverbiale. Ses anciens subordonnés au secrétariat d’Etat chargé de la promotion féminine se rappellent encore comment le budget de leur département a été, littéralement, englouti dans les caisses d’une ONG de planning familiale dirigée par…la secrétaire d’Etat Mint Ahmed Aicha herselve.
Jour après jour, le général putschistes confirme sa solidarité organique avec les roumouz el vessad. Ces personnalités nommées présidents de conseils d’administration iront rejoindre un marigot où nagent notamment Louleid ould Weddad, kaba Ould Elewa, Baba ould sidi, Sghaïr ould M’barek, Mohamed Ould heimer, Di ould zein, Mohamed vall ould bellal, Sidi ould didi, Cheikh sid’ahmed Ould baba, Moustapha ould abeidarrahmane, Zeini Ould ahmed elhadi, Mohamed El Moctar ould zamel, Yahya Ould abdelghahar et mohcene Ould El Haj.
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