"Ya Aziz! Ya Ghazouani! Khalou ankoum Mouritani!": une marche historique.
Des dizaines de milliers de Nouakchottoises et de Nouakchottois sont descendus dans la rue pour crier leur rejet du fait accompli militaire. De la Mosquée Marocaine jusqu'à la Grande Mosquée de Nouakchott, les manifestants ont scandé le leitmotiv de cette marche: "Ya Aziz Ya Ghazouani, Khallou Ankoum Mouritani!". "Non à l'agenda unilatéral", "Oui à une solution consensuelle". Arrivée à destination, la marche se transforme aussitôt en un gigantesque meeting permettant aux orateurs du Front et du RFD de s'en donner à cœur joie pour démonter la mécanique du Général limogé.
"Les voici, les Mauritaniens et Mauritaniennes! C'est la Mauritanie combattante, pacifique mais déterminée qui est devant vous, Monsieur le Général!", dira Ould Maouloud, Président en exercice du Front. "Cette marche vaut consultation". Elle vaut référendum". "La manière dont le général a renversé la légalité constitutionnelle, contribue à faire rater à la Mauritanie les chances de se ressaisir. Il sera responsable de ce nouveau gaspillage comme il l'est des conséquences du Coup d'Etat", affirme Ould Maouloud sous les applaudissements nourris des manifestants.Puis ce fut le tour de la Députée Nana Mint Cheikhna de monter à la tribune. Chaleureusement ovationnée elle démontera avec méthode les arguments de la Junte et des ses soutiens civils qui se résument en une phrase: "nous avons le BASEP, nous sommes les plus forts donc nous avons raison".
Le plus direct et celui qui sucitera l'engouement de la foule sera le Président de l'Assemblée Nationale, Messaoud Ould Boulkheir. "Nous avons les moyens, nombreux que nous sommes, d'empêcher les élections unilatérales que la Junte essaie de nous imposer. Mais nous avons aussi les moyens de l'obliger à se mettre à la table de négociations avec nous". "Nous saluons la médiation sénégalaise, mais nous n'accepterons pas moins que la mise en échec du Coup d'Etat".
Et Ould Boulkheir de dénoncer le comportement du Bataillon Parlementaire et les soutiens civils du Général qui se jettent, tels des mouches sur la nourriture, sur le moindre porteur de la moindre parcelle de pouvoir, fût-il usurpé et éphémère.