Sur France 24: "En Mauritanie, un putschiste qui enlève l'uniforme à la hâte et qui se présente... sous le regard incroyablement et étrangement bienveillant de la France"

Publié le par OULD MOUSTAPHA OULD ELY M'BITALEB Mohamed Lemine

Dans son émission hebdomadaire phare, "Une semaine dans le monde", la chaîne de télévision française à audience internationale, France 24, organisait un débat entre différent observateurs de la scène politique française et internationale. Il y avait là Pierre Haski, Cofondateur de Rue89.com, Vincent Hugeux, Grand reporter à l’Express, Bertrand Badie, Professeur de relations internationales, Sciences Po Paris et Jérôme Béglé, Directeur adjoint du magazine Le Figaro.

Après avoir débattu de la succession ouverte du président camerounais, Omar Bongo, ses 42 ans de règne et l'implication des réseaux de la Françafrique aussi bien auprès des dirigeants africains que dans les rouages de la diplomatie française, les intervenants ont abordé les événements de la semaine prochaine. Vincent HUGEUX, Grand Reporte à l'Express, précise: "Je ne reviens pas sur l'échéance capitale du 4 juin, le discours de Barack Obama au Caire. On en a déjà parlé. Deux jours plus tard (6/6, ndlr), on a une élection qui passe totalement inaperçue et qui nous ramène d'ailleurs sur les rives douteuses de la Françafrique, en Mauritanie. En Mauritanie, vous avez un putschiste qui enlève l'uniforme à la hâte, se présente, pas de candidat digne de ce nom en face de lui et tout cela sous le regard incroyablement et étrangement bienveillant de la France..."

Les réseaux de la Françafrique sont constitués d'une intrication d'hommes d'affaires, d'anciens fonctionnaires et d'Agents de renseignements français qui roulent les uns pour les autres et rarement pour le bonheur des peuples africains. Ils doublent la diplomatie française en direction de l'Afrique. Le président Sarkozy avait promis de les démanteler mais, comme expliqué au cours de ce débat, la Françafrique a la peau dure. Un avocat franco-sénagalo-libanais, Robert Bourgi, un Premier Secrétaire de l'Ambassade de France à Nouakchott, Jean-Michel Canta et un homme d'affaires mauritanien, proche cousin du Général Aziz, Mohamed Ould Bouaamatou, constituent les figures de proue de la Françafrique dans notre sous région. Ce sont eux qui travaillent pour légitimer le Coup d'Etat.

Les Mauritaniens (et surtout les Mauritaniennes) rejettent cette élection et le font savoir, au risque de leur liberté et bien souvent de leur intégrité physique. Ils sont décidés à faire échouer le coup d'Etat du Général limogé, n'en déplaise à la Françafrique.

 

Pour regarder le débat de France 24,  suivre ce lien (deuxième moitié).

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