Violents affrontements dans trois points différents de la Capitale. Des blessés et des arrestations. Ould Boulkheir et Ould Daddah et Boidjel Ould Hmeid sont parmi les manifestants
Les affrontements sont repartis de plus belle et la police redouble de zèle. On apprend que des hauts dirigeants du Front et du RFD se sont mêlés aux manifestants. Il s'agit du Président de l'Assemblée Nationale, Messaoud Ould Boulkheir, Ahmed Ould Daddah, président du RFD et Boidjel Ould Hmeid, vice président de Adil, entre autres membres dirigeants dues Force Démocratiques. Ces dirigeants affrontent la police au niveau des Blocs.
Par ailleurs, des scènes de panique ont été relevées au sein du Marché de la Capitale qui est le théâtre d'affrontements entre la police de la Junte et les manifestants.
Des témoins oculaires rapportent qu'un pick up de la police transportant deux blessés et qui fonçait vers l'hôpital a décidé, au dernier moment, de faire demi tour juste à l'entrée de l'établissement. L'état délabré des blessés laisse penser que la cause de la volteface des policiers serait la survenue de la mort d'au moins l'un des blessés.
Il faut rappeler que le Conseil de la Junte s'était réuni ce matin pour décider des modalités de la répression de cette après midi
Encore une fois la police de la Junte a chargé, cet après midi, des groupes de manifestants avec violence et barbarie. Les abords de la Mosquée Saoudienne (Point Chaud), de la Place des Blocs et du Marché de la Capitale, ont vu converger plusieurs véhicules de police anti-émeutes. Les Jeunes du Front et du Rassemblement scandaient des slogans hostiles à la Junte et réclamaient l'annulation de l'Agenda unilatéral. On dénombre plusieurs blessés parmi les manifestants. Trois militants anti-putschistes à savoir; Cheikh Brahim Ould Abdallahi, l'ex-Capitaine Chennouv Ould Maloukiv et Sidi Ould El Yassa.ont été arrêtés et conduits vers une destination inconnue. Les policiers en civil agissent selon une tactique rôdée, se mêlant aux manifestants et procédant ainsi à des arrestations.
Inscrption murale à Nouakchott. On lit: "6/6= guerre civile" (image Taqadoumy)
Par ailleurs, des graffiti ont fait leur apparition ce matin dans plusieurs emplacements de la Capitale et notamment aux abords et sur les murs des somptueuses demeures des responsables de la campagne du Général limogé. Ces inscriptions murales, appelant à l'arrêt immédiat de l'agenda des militaires, ont été accompagnées de distribution d'un tract signé par un mystérieux mouvement, " Avant-gardes des Forces du Changement", qui met en garde les Putschistes et leurs soutiens au cas où ils s'obstineraient à poursuivre le déroulement de leur mascarade d'agenda électoral. Les signataires du document demandent à la population de s'éloigner des lieux de la campagne du Général limogé et surtout de ne pas approcher les éventuels bureaux de vote.
Rappelons que l'entêtement du Général à vouloir imposer aux Mauritaniens son coup d'Etat et son agenda unilatéral ne laisse guère de choix. Imposer par la force ses propres choix, appliquer systématiquement la politique du fait accompli ne pourrait qu'engendrer la violence et à la rébellion.
Le Général Aziz est responsable du chaos imminent que deviendra la Mauritanie. Ceux qui le soutiennent, nationaux ou étrangers, et qui lui font croire que les Mauritaniens vont courber l'échine et accepter de s'effacer devant sa volonté sont aussi responsables du chaos. Les Mauritaniens ont goûté au fruit, longtemps défendu, de la démocratie. Ils n'accepteront plus d'être gouvernés autrement.

